Photographes et dessinateur


 

Ils auront été les yeux officiels du festival et auront alimenté, presque en temps réel, la page Facebook avec leurs photos et leurs dessins des spectacles.

Rui, le fondu de concerts live, parle avec gourmandise de cette deuxième vie qu’il entame quand le soir tombe et que s’allument les lumières des salles. À son compteur personnel, plus de deux cents concerts et dix mille photos prises au Café Charbon en l’espace de quatre ans. Jamais blasé, toujours partant pour une découverte ou pour des retrouvailles, il trimballe partout avec lui sa besace en toile beige à lanières cuir, qui est presque devenue sa signature de photographe. Elle renferme son matériel et témoignerait, si elle pouvait parler, des kilomètres parcourus pour voir telle ou telle exposition, des heures passées au pied de la scène dans les lieux les plus divers, des décibels encaissés, des émotions ressenties, des discussions et des bières partagées au comptoir après les concerts. Avec Tandem, le grand coup de foudre s’est produit l’année dernière, lorsqu’il a vu sur scène Maylis de Kerangal et Cascadeur. Curieux de nature, il a enchaîné les spectacles, goûté la diversité de la programmation, apprécié l’esprit du festival, et il a rejoint l’équipe pour la préparation de l’édition 2018, notamment sur le volet communication où il a apporté une contribution précieuse.

Cette année, la besace en toile beige a vadrouillé de la MCNA à la Médiathèque, engrangeant les images et les impressions pour les offrir en partage, dès la journée terminée, aux abonnés de la page Facebook. Mais elle n’était pas seule à arpenter le boulevard Pierre de Coubertin et à alimenter les réseaux sociaux : Alexandre était aussi de la partie. À les voir passer l’un derrière l’autre, on croirait déceler un air de famille, et pourtant deux mois avant le festival, Rui et Alexandre ne se connaissaient pas. Cheveux sombres et coupe en brosse, fines montures noires, même discrétion et même air concentré que son aîné, Alexandre a fait cette année ses premières armes sur ce genre d’événement. Nivernais d’origine, maintenant basé à Arles après être sorti diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie en juin dernier, il a découvert à l’occasion de cette édition le défi des photos de spectacles, où il faut parvenir à rendre l’insaisissable d’une ambiance, avec des lumières tamisées, peu de mouvement, une action minimale. Pour lui qui, dans ses travaux personnels, a une prédilection pour les fantômes et la création d’univers oniriques, le dépaysement était grand mais le défi intéressant à relever.

Le tableau ne serait pas complet si l’on ne mentionnait pas une troisième paire d’yeux, ceux de Cyrille, qui a contribué à nous façonner des souvenirs communs pour cette édition. Son coup de crayon a fait merveille pour capter une atmosphère, une attitude, une phrase pour chacun des spectacles. Quelques traits croqués sur place et quelques photos prises pour garder en mémoire une silhouette ou une expression ; puis des heures de travail sur l’ordinateur, à l’aide d’une palette graphique qui permet de tracer, de colorer, de produire un effet d’aquarelle, et qui permet aussi d’associer des mots au visuel. C’est cette valeur ajoutée des mots que Cyrille aime apporter à ses dessins, pour inscrire le nom des artistes et faire résonner leur voix. Reste à bien choisir les mots retenus : et là, il faut une oreille bien affûtée pour capter au vol une formule qui saura restituer le propos du spectacle, son ton, sa cocasserie ou son émotion. Comme une petite fenêtre à travers laquelle la saveur du spectacle pourra ressurgir et, pourquoi pas, surprendre à nouveau le spectateur. Cette année, Cyrille a relevé un défi de marathonien : 34 dessins au total, un foisonnement à la mesure de la diversité et de la richesse du festival !

Rui, Alexandre, Cyrille : trois regards très « pro », grâce auxquels cette édition va continuer à vivre, non seulement dans nos mémoires mais sur le nouveau site de Tandem, où seront bientôt archivées des images 2018, et plus si affinités….

 

 

Nathalie Pavec, le 22/02/2018

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